Je pense que l’amour dure un temps. Temps au-delà duquel, tout fini par se rompre naturellement et indéniablement. Du couple qui, au fil des années, se parle de moins en moins, jusqu’à ne plus se dire un mot et ne plus se toucher, pour en finir par se taper la meilleure amie de sa femme ; au garçon qui se dit qu’il ne vivra jamais l’amour, mais qui se demande au fond de lui-même s’il n’y a pas d’autres échappatoires pour vivre sa vie.
Chaque matin se lève pour un jour nouveau qui n’est autre que la dégradation progressive et constante de la chute qu’était la veille. Chaque demie journée, chaque heure, chaque minute même, tout est toujours pareil au détail près que cette déchéance qui s’éprend de notre putain de vie ne cesse de s’accroître jusqu’à nous bouffer entièrement.
Viendra un jour où les questions n’auront plus de réponses, que les questions n’auront plus de sens… Qu’adviendra-t-il alors du sens de la vie ? Serait-ce là que réside la substantifique moelle de notre existence qui court devant nous sans jamais pouvoir l’attraper ?
Tout semble nous faire croire que la simplicité demeure. Mais il n’en est rien, et celui qui a dit que l’amour triomphe de tout est un crétin. Une clope, et la vie continue.
Et c’est reparti, encore une diatribe complaisante imbibée de Whisky sur ce putain de bon vieux temps. À croire que ma pauvre âme est née trop tard pour savoir ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue.
[...]
Je suis là, assis au bord du monde, aux confins de la civilisation occidentale, désespéré au point d’être prêt à tout pour éprouver quelque chose en attendant la fin des temps…
Quatre ans de création et d’innovation à l’aurore de ce tissage. Mais pendant que mon regard était dirigé devant moi, je n’ai pas vu que mon admiration et ma motivation première avait fermé ses yeux. Il lui aura fallut dix ans pour finir par s’en aller sans un mot. Son chemin s’est arrêté ici, là où le mien à commencé.
La console qu’était se consolide en moi et fais continuer ce bout de chemin et d’espoir qui avait été transporté par un grand nombre, et durant de longues années qui, finalement s’avèrent être bien courtes.
Toute une histoire, toute une passion ; en somme : toute une vie. Au commencement n’était que quelques idées, qui se sont construites et ont finies par aboutir. J’espère également que ça ne sera qu’un au revoir et que ce à quoi je dois ma trajectoire reviendra parmi nous, plus grand, plus en forme et pour plus longtemps que jamais.
Je suis piégé et voilà des mois que je me torture à toujours essayer, encore et encore, de sortir de cet étau métallique. La grossesse arrive à son terme mais la folle tendresse qui m’habite ne semble pas vouloir me libérer.
Mais que faire lorsque cette mathématique refait surface, balayant tout les axiomes sur son passage ? Monômes, binôme dépourvu de son second degré. Dés-équationne-toi.
Tu t’accroches à moi ne me laissant plus respirer et m’empêchant d’avancer alors que je n’ai qu’un pas à faire. Une personne peut changer un homme à jamais ; et les changements ne sont pas toujours ceux que l’on attendait. C’est un gouffre en moi, un piège qui n’attend que de me faire exploser.
Tendresse de l’imparfait ou impasse magistrale, je suis engagé. Engagé dans le temps, dans l’espoir. Il faut s’arrêter. Disproportionnalité impromptue de cette durée interrompue.
Pourquoi regarder en arrière et se mettre face à ce baiser ; alors que le travail change, l’espoir change, la relation change, le pouvoir change, la vie change, la famille change, l’amour change, tout change ? Fais changer un homme, fais changer un destin ; fais-moi changer pour que je puisse de nouveau marcher.
Libère-moi de ton démon, même si l’explosion ne laisse que quelques cendres de mon âme, des poussières de mon cœur.
Ces vapeurs subjectives me brûlent le visage. Caustiques, elles me rongent et m’endolorissent. Prisonnier, cette chaleur m’attaque et me freine dans ce que j’entreprends, et je me sens au fur et à mesure disparaître peu à peu pour n’être plus que rien. J’écris sans voir par quoi ma main noircit ma feuille. Ma vue est altérée par cette atmosphère pesante. Maux pour mots, ma lucidité intellectuelle s’estompe pour ne laisser place qu’à des cognements intérieurs. Mais avec le temps, ils s’estompent et me libèrent enfin.
Une nouvelle rencontre, et tout renaît. C’est le moment des réminiscences questionnaires. S’ensuit l’éternel questionnement de soi, et les interrogations nous écrasent. La hâte est trop grande et mon esprit s’évade à imaginer un futur peut-être inimaginable.
Tel un petit film, des évènements défilent dans mon esprit à la manière des derniers souvenirs vus avant l’antichambre céleste. Un sentiment de désir de ne plus être seul, d’être accompagné me submerge.
À quoi bon se faire ce mal à se créer une vie intellectuelle ; il faut la vivre. Mon subconscient agit avec promptitude à s’emparer de ces moments : avec diligence.
Je ne me doutais pas un instant que ce regard fût le dernier. Au détour de ses yeux bruns qui me traversent, changeant irrémédiablement ma vie, qu’elle ne fut plus jamais telle que je la connaissais avant. Mais au beau soir où la musique se faisait entendre, tout s’effaça lorsque je vis ce regard poignant qui m’avait tant bouleversé et que je n’eusse jamais réussi à oublier. Dès lors, je n’étais plus le même ; j’étais ailleurs, comme un autre homme.
Était-ce vraiment la fin, l’ultime fois que je visse ses lèvres ? J’étais dévasté à l’idée que cela puisse être vrai. Tantôt dans une autre vie, un univers des plus merveilleux, tantôt ravagé par l’idée que ces quelques instants seraient peut-être bien les derniers qu’il pouvait m’offrir, je voguais à travers mes sentiments.
Ses cheveux châtain foncé virevoltant au vent telles les feuilles tombantes d’automne ; Dieu que j’ai rêvé de pouvoir, ne serait-ce qu’une fois passer mes doigts, ma main, dans ces nues. Sa façon si élégante qu’il a de se libérer la vue en les remettant par un geste sensuel de la main au dessus de sa tête.
Alors que des mois ont passés et que je me donnais tant bien que mal à essayer, en vain, de l’oublier un peu, il fit de nouveau son apparition. Comme si le temps était figé : la pluie semblait flotter dans les airs, on eût presque la possibilité de l’attraper dans nos mains ; les sons paraissaient dissous dans l’espace temps, toutes les lèvres parlaient pour ne rien dire ; mais à travers cette panne de sens, les odeurs persistaient et étaient de plus belles.
Il marchait, là. Presque au ralenti. Ses cheveux instables au travers desquels le vent se faufilait. Et son regard frappant regardait devant lui. Sans comprendre pourquoi, l’émotion s’empara de moi. Je ne pouvais me retenir de faire couler mes larmes. Elles coulaient sans cesse sur mes joues rosies par le froid, et je voyais. Je voyais à travers ces gouttelettes larmoyantes et scintillantes ce jeune homme marchant d’un pas calme et serein.
Alors que moi, de l’autre côté de la rue je le regardais, je ne pouvais l’atteindre. J’étais cet ange déchu incapable de voler, privé de ses ailes sans lesquelles il ne peut survivre. Un très léger sourire aux lèvres, je continuais ma route, m’enfonçant peu à peu, un peu plus, jour après jour.
La vie est parfois si simple qu’elle en devient compliquée de simplicité. C’est lorsque l’on se découvre que tout change. On change de vie, on évolue ; des visages passent et on ne sait plus. Perdu dans ces états qui nous ont hantés toute notre vie. Mais lorsqu’ils s’effacent, c’est encore plus compliqué.
À l’heure actuelle, je ne saurais dire qui je suis, combien je suis. Ça ne se dit pas, ça se sait. Pourtant, il faut parfois le dire, se le dire. Souvent moins simple qu’il n’y parait, l’amour a ses raisons que la raison ne connait point.
Il serait certainement bien plus simple de clarifier les choses par la prononciation d’un mot sincère. Mais la complexité peut éventuellement demeurer de chaque côté. De ce fait, chacun avance à tâtons sans réellement savoir où il va ; qui il est.
Je ne peux décrire qui je suis. Mais rendre les choses moins complexes est parfois bien moins simple qu’au commencement.