Titre original : Into the wild.
Auteur : Jon Krakauer.
Éditeur : Presse de la cité.
Publication : 20/01/1996.
Littérature américaine.

Résumé du livre :

En 1992, le cadavre d’un jeune homme est découvert dans un bus abandonné en Alaska, au pied du mont McKinley, loin de tout lieu habité.
Fils de bonne famille, Chris McCandless aurait dû en toute logique devenir un Américain bien tranquille à l’avenir sans surprise. Mais, dès l’obtention de son diplôme universitaire, il décide de partir à l’aventure. Après avoir fait don de ses économies à une oeuvre humanitaire, il entame son périple sous un nom d’emprunt avec sa vieille voiture, qu’il abandonnera un peu plus tard.
Il sillonne le sud des Etats-Unis, subsistant grâce à de menus travaux, avant de réaliser son grand projet : s’installer au coeur de l’Alaska, seul, en communion avec la nature. Mais on ne s’improvise pas trappeur, ni homme des bois…

Ce parcours dramatique d’un jeune homme qui a voulu vivre jusqu’au bout son impossible idéal est retracé par Jon Krakauer, l’auteur du best-seller Tragédie à l’Everest. Livre-culte dans le monde entier, Into the Wild a d’emblée fasciné Sean Penn, qui en a réalisé une adaptation cinématographique applaudie par la critique américaine.

La critique :

Après avoir vu le chef-d’œuvre cinématographie de Sean Penn, l’adaptation de la biographie de Chris McCandless de Jon Krakauer, j’ai voulu découvrir une autre vision de l’œuvre. J’ai donc commencé à lire le livre éponyme. Mais quelle énorme déception à la lecture de celui-ci. Il me tombait des mains à chacune des pages qui se tournait au grand désespoir de mes yeux voyant ce style bien trop chargé.

La bouffée d’air frais tout en remise en question de soi et de la société que nous offre Sean Penn est pratiquement inexistante dans le livre. Je l’ai trouvé particulièrement ennuyeux et sans intérêt.

Bien que l’ouvrage soit illustré par quelques cartes afin d’y suivre le périple du héros, l’auteur nous perd dès le premier quart du livre. Un livre qui n’est au final qu’un amas de noms propres, qu’il s’agisse d’autres personnes, de villes, de routes, de lieux, etc. Car en effet, il se trouve que sous sa couverture, ce livre ne parle guère plus de Chris McCandless que d’Everett Ruess ou encore John Muir.

[...]

En somme, une perle cinématographique pour un livre que c’est pas la peine.

Titre original : Journal d’Hirondelle.
Auteur : Amélie Nothomb.
Éditeur :
Albin Michel.
Publication : 23/08/2006.
Littérature française.

Résumé du livre :

Le héros n’a pas de nom. Ou plutôt pas d’identité fixe. Il change de nom et de vie comme on change de chemise. Coursier à Paris, il se fait passer pour un certain Urbain, tueur à gages insensible qui retrouve le plaisir des sens et du sexe par le meurtre. Puis il devient Innocent… Mais on ne change pas de vie si facilement. Le passé n’a jamais dit son dernier mot. Surtout lorsqu’il a le visage d’une adolescente fraîchement assassinée et dont le seul testament est un étrange journal intime. Comment ressusciter les sensations après s’être coupé des sentiments ?

La critique :

Dans ce roman – son avant dernier – Amélie Nothomb prend des distances avec le personnage principal, et pour preuve, on ne connait même pas son véritable nom. Journal d’Hirondelle s’éloigne un peu du style nothombien si particulier que l’on apprécie tant et qui a fait sa succès. Mais quand même on reconnait bien le style d’Amélie dans les dialogues mais qui sont pourtant si rares. Ce roman résonne donc comme une sorte de grande exploration sentimentale, un roman intimiste et émouvant comme seule Amélie Nothomb sait en écrire.

Ce roman semble être également une rétrospective de son œuvre. Il est question d’un assassin et donc de se laver les mains ou d’hygiène, ce qui nous renvoie à son premier roman Hygiène de l’assassin. Dans Péplum, il était question de notion du crime. On y parle du beau, aussi, dans ce livre, comme dans Attentat. On note que le mot Combustible est employé et il est question de la destruction d’une œuvre manuscrite. L’assassin tombe amoureux de sa dernière victime, il aurait donc saboté son amour, allusion au Sabotage amoureux. De plus, une des chansons de la chanteuse RoBERT, pour qui Amélie écrit des textes, s’appelle Rendez-moi les oiseaux, et justement, il est beaucoup question d’oiseaux dans cet opus, rien que dans le titre. Tout cela montre bien que, malgré l’éloignement de son style, l’auteur maîtrise toujours autant son écriture.

Titre original : Cosmétique de l’ennemi.
Auteur : Amélie Nothomb.
Éditeur : Albin Michel.
Publication : 22/08/2001.
Littérature française.

Résumé du livre :

« Sans le vouloir, j’avais commis le crime parfait : personne ne m’avait vu venir, à part la victime. La preuve, c’est que je suis toujours en liberté. » C’est dans le hall d’un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d’avance. Il lui a suffi de parler. Et d’attendre que le piège se referme. C’est dans le hall d’un aéroport que tout s’est terminé. De toute façon, le hasard n’existe pas.

La critique :

Une farce ? Et quelle farce ! Regardez le roman de notre Amélie, et surtout son titre. De qui se moque-t-on ? On n’a pas idée de vous faire ça : Cosmétique de l’ennemi ! Qu’est-ce que ça veut dire cosmétique de l’ennemi ? Il nous faudra attendre jusqu’à la page quatre vingt dix pour le savoir : « La cosmétique, ignare, est la science de l’ordre universel, la morale suprême qui détermine le monde. Ce n’est pas ma faute si les esthéticiennes ont récupéré ce mot admirable. » Voilà qui est bien jeté. Alors dans ce cas, le titre nous inviterait-il d’entrée à l’énoncé d’une philosophie ?

Il faut quand même remarquer au passage qu’Amélie Nothomb a le don du titre. Son premier livre Hygiène de l’assassin, ou Stupeur et tremblements ou encore Métaphysique des tubes, il fallait les trouver.

Revenons-en à Cosmétique de l’ennemi : ce roman est en fait un discours, une conversation à laquelle nous assistons. Elle a lieue entre deux hommes dans la salle d’attente d’un aéroport. Jérôme Angust est donc abordé par un inconnu du nom de Textor Texel. Ce dernier ne va cesser de s’incruster auprès du premier et va commencer à lui raconter sa vie : son meurtre par procuration d’un camarade de classe, son goût prononcé pour la nourriture pour chats, son viol d’une femme dans le cimetière même de Montmartre puis son assassinat, quelques années plus tard. Rien ne sera épargné à Jérôme Angust, ni les faits ni leurs motifs, sans oublier sa foi religieuse, puis sa culpabilité qui semble avoir existé avant toutes les monstruosités dont il dresse le catalogue. « Quand on est destiné à devenir un coupable, il n’est pas nécessaire d’avoir quelque chose à se reprocher. La culpabilité se fraiera un passage par n’importe quel moyen. C’est de la prédestination. », affirme-t-il.

Sur les cent vingt pages qui composent ce récit, Amélie nous restitue cette conversation sans interruption, les débats survenant entre les deux hommes, les protestations de la victime et le plaisir de l’ennemi. Chacun a une façon tout aussi convaincante de défendre son idée du bonheur. Le droit chemin pour l’un et l’écart pour l’autre. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à citer Pascal, Spinoza ou Lǔ Xùn par des formules apprises et citations philosophiques, à l’appui.

On a dans le roman un exemple sur le fait que l’homme s’arrange bien de ses problèmes de conscience, du sérieux dont il est capable de se plier pour être en paix avec lui même. Ça fait là, le charme de cette conversation qui est pourtant loin d’être charmante aux yeux de la victime. Le génie d’Amélie, c’est aussi d’obliger le lecteur, mine de rien, à se regarder en face, quitte à en rire.

Mais voilà maintenant que nous apprenons au détour d’une réplique, que nos deux orateurs ne sont en fait qu’une seule et même personne. Que cet échange n’était en fait que le débat d’un homme avec sa propre conscience. Mais je n’en dirai pas d’avantage afin de ne pas révéler de dénouement du roman.

On admirera aussi l’art qu’a Amélie d’aborder les sujets les plus risqués comme en s’en moquant. Ce ton n’appartenant qu’à elle, à la fois moqueur et apitoyé, nous faisant sans cesse osciller entre l’horreur et la joie, le grotesque et le sérieux. Comme si, en fin de compte, l’important était de rire de nos illusions, avant d’avoir à en pleurer.

Titre original : Harold and Maude.
Auteur : Colin Higgins.
Éditeur : Folio.
Publication : 01/01/1971.
Littérature américaine.

Résumé du livre :

Harold, jeune homme riche, a une imagination délirante. Ses passes temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Elle est pour Harold la femme idéale. Il y a un mais… Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf !

La critique :

Il s’agit de l’histoire d’un jeune homme, Harold, qui ne cesse de mettre en scène de faux suicides, par jeu, par ennui et par désespoir. Il va rencontrer Maude, une vieille dame originale, qui croque la vie à pleines dents, dont il va tomber amoureux.

Harold et Maude est un de ces livres que l’on parvient difficilement à oublier. Simple, beau et vrai. Un trésor d’émotion et d’humour.

Titre original : Le Magasin des suicides.
Auteur : Jean Teulé.
Éditeur : Julliard.
Publication : 04/01/2007.
Littérature française.

Résumé du livre :

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.

La critique :

Institution familiale, le magasin des suicides est tenu avec dévotion par la famille Tuvache. Depuis dix générations, les articles se sont perfectionnés : de la corde de pendaison, aux poisons du jour concoctés avec désespoir par la mère, en passant par les sabres ancestraux pour réussir un harakiri dans les règles de l’art. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les prix. En effet, même un pauvre miséreux peut se procurer un sac plastique pour s’étouffer en exhibant le logo du magasin : « Vous avez raté votre vie. Avec nous, vous réussirez votre mort ! »

Ce commerce est tenu par Lucrèce et Mishima parents de trois enfants, Vincent, Marylin et Alan. Les deux aînés, enfermés dans leur désespoir, ont cette tendance au malheur qui caractérise la famille. Vincent est anorexique et se bande la tête pour remédier à ses maux de tête, tandis que Marylin se lamente d’être si laide et inutile. Néanmoins Alan, le petit dernier qui est né à cause d’un préservatif percé, jouit d’un optimisme forcené qui met à dure épreuve les nerfs de ses parents.

A ses dix huit ans, Marylin trouve un sens à sa vie grâce a un cadeau qu’elle reçoit. Ses parents lui offrent la possibilité, par un simple baiser empoisonné, de donner la mort. Le Death Kiss devient alors l’attraction du rayon frais et la jeune fille qui distribue la mort gaiement, est enfin épanouie. C’est sans compter sur la bienveillance d’Alan qui va peu à peu transformer l’existence de sa famille en apportant la gaieté et les rires entre les murs du magasin. Depuis dix générations, le bonheur a pour la première fois enfin le droit de se manifester.

On pourrait comparer cet univers macabre, osé et très imagé avec l’univers noir et loufoque de la famille Adams. Mais il n’en est rien et l’on sourit face aux différentes énumérations des suicides possibles tout au long du roman. Cependant, le récit sombre dans les clichés s’alourdit d’une fin grossière. Dommage car Jean Teulé avait réussi à nous faire plonger dans cet univers et ce quotidien original, décrit avec beaucoup de descriptions croustillantes.

Titre original : Stupeur et tremblements.
Auteur : Amélie Nothomb.
Éditeur : Albin Michel.
Publication : 26/08/1999.
Littérature française.

Résumé du livre :

Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l’implacable rigueur de l’autorité d’entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouverne la vie sociale.
D’erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu’au rang de surveillante des toilettes, celui de l’humiliation dernière. Une course absurde vers l’abîme – image de la vie – où l’humour percutant d’Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne.

Entre le rire et l’angoisse, cette satire des nouveaux despotismes aux échos kafkaïens a conquis un immense public et valu à l’auteur d’Hygiène de l’assassin le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999.

La critique :

Amélie nous présente dans ce roman une année de travail au sein d’une entreprise japonaise où elle a changé d’affectation au gré des volontés de ses patrons, des gens qui ont du plaisir à soumettre les gens qu’ils ont sous leurs ordres.

Elle nous présente donc un regard sur ce qu’est le monde du travail dans les grandes entreprises japonaises, monde où elle a dû effectuer bien des tâches qui vous sembleront toutes plus loufoques les unes que les autres et même parfois cruelles.

J’ai souri à maintes reprises en lisant ce petit roman sur l’histoire de cette pauvre blanche qui ne sait trop où donner de la tête au travers de toute cette perfection japonaise et qui fini par se moquer de tout et de s’amuser de sa situation !

Amélie Nothomb nous fait partager son histoire avec humour malgré le récit pourtant tragique. Cependant, elle a masqué avec habilité le sens profond de cette histoire sous un ton léger, ce qui donne l’aisance d’une lecture facile.

Un témoignage concret de la hiérarchie d’entreprise, telle qu’elle se vit au Japon, qui nous change des descriptifs cliniques sur la culture d’entreprise nipponne ! Elle nous fait vivre les pressions extrêmes qui sont la base du travailleur japonais.

C’est direct, percutant, incisif et drôlement intelligent. Une histoire très bien racontée qui nous montre la mentalité japonaise où vous découvrirez le sens profond de « stupeur et tremblements ».

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